Six sur dix. Voilà la part de couples fraîchement mariés qui s’offrent encore ce moment suspendu loin du quotidien : la fameuse lune de miel. Ce chiffre, révélé par les agences de voyages spécialisées, traduit un recul de près de 15 % en dix ans, alors même que les unions civiles sont en hausse.
Les séjours lointains perdent du terrain. Les envies d’exotisme laissent place à des escapades proches ou à des voyages express, souvent dictés par le portefeuille, les emplois du temps chargés et, désormais, la prise de conscience écologique.
Combien de couples partent réellement en lune de miel aujourd’hui ? Les chiffres qui parlent
En France, le pourcentage de couples en lune de miel reste élevé : il fluctue entre 60 % et 72 % selon les enquêtes des principaux acteurs du secteur mariage. La tradition résiste et, parmi les 247 000 unions annoncées pour 2024, la plupart tiennent à vivre ce passage symbolique : ce voyage tout de suite après la fête, avant de reprendre le fil ordinaire de la vie commune.
Pourtant, près d’un couple sur trois choisit désormais une autre voie : garder les valises fermées, attendre un meilleur moment, ou réinventer l’évènement selon ses propres codes. La génération Z, forte d’un quart des mariages, impose sa griffe : ici, le voyage de noces devient une création unique, qui épouse attentes, réalités et convictions personnelles.
Quelques données pour mieux situer ces changements :
- Âge moyen au mariage : 36 ans en 2024
- Taux de mariage en France : 3,6 pour 1 000 personnes en 2022
- Taux de mariage à l’échelle européenne : 4,2 pour 1 000 la même année
La lune de miel elle-même évolue. Certains jeunes mariés préfèrent jouer la carte de la sérénité et du confort, d’autres misent sur une expérience radicalement dépaysante. Pourtant, l’envie de marquer à deux ce début de parcours partagé ne se dément pas. Chiffres à l’appui, il s’agit là d’une tradition qui s’adapte sans se dissoudre.
Pourquoi certains amoureux renoncent-ils à la lune de miel ? Regards sur les freins et les choix
Prendre la route dès le lendemain du mariage n’a plus rien d’évident. En 2023, près de 30 % des jeunes époux ont déclaré avoir renoncé au voyage de noces. Plusieurs raisons expliquent ce choix. La première, c’est le budget : enchaîner une célébration coûteuse et un séjour onéreux n’est plus systématiquement faisable. L’inflation, la hausse de certains tarifs et le désir d’investir ailleurs font parfois passer la lune de miel au second plan, ou la transforment en version plus légère.
Les impératifs professionnels s’en mêlent aussi. Certains n’ont ni le temps ni la possibilité de se libérer longtemps : il faut écourter, repousser, ou s’offrir une « mini-moon », séjour concentré sur quelques jours seulement. Décaler le voyage à plus tard devient courant, et cela ne ressemble pas à un sacrifice, mais à une façon d’accommoder sa réalité au mythe. Depuis 2020 et la crise sanitaire, environ un couple sur cinq a modifié ou supprimé son projet de lune de miel, une tendance qui perdure.
Quant à l’évolution des préférences personnelles, elle fait bouger les lignes. Plus que jamais, les jeunes mariés veulent un moment qui leur ressemble, imaginé sur-mesure et débarrassé des « il faut ». Par exemple, près de sept duels sur dix prennent en charge eux-mêmes la préparation de ce temps à deux. Mini-moon, solomoon, séjours thématiques : le récit du couple s’émancipe et réinvente l’événement voyage de noces.
Destinations, envies et budgets : ce qui séduit les couples en 2024
Partir loin ou choisir une destination inattendue ? Les statistiques illustrent l’éclectisme des désirs. Un quart des couples rêvent encore de plages d’ailleurs : océan Indien, Seychelles, Asie ou Pacifique. Mais les city breaks européens ont la faveur de 15 % des nouveaux mariés, attirés par Rome, Amsterdam, Barcelone ou d’autres villes vibrantes pour un séjour urbain entre histoire et découvertes.
La personnalisation et le slow travel s’installent tranquillement. Les couples boudent le parcours balisé pour privilégier les expériences singulières, ajustées à leur duo : week-end spa au bord de l’océan, tour improvisé en Toscane ou safari en pleine nature. Pour un couple sur cinq, l’aventure prime, loin des circuits ordinaires. Les réseaux sociaux, espace de partage et de mise en scène, continuent d’inspirer et d’orienter les choix, pour vivre, et montrer, un moment unique.
Niveau finances, le budget moyen oscille désormais entre 3 000 et 5 000 € pour une lune de miel en 2024, selon les acteurs du secteur. Douze jours est la durée habituelle : pas trop long, pas trop court, idéal pour conjuguer évasion et organisation pratique. La réservation se fait très majoritairement par les couples eux-mêmes, mais wedding planners et agences personnalisent l’offre pour répondre aux attentes de ceux qui en font la demande. À chacun sa priorité : luxe discret pour 30 % des mariés, authenticité pour d’autres, mais l’expérience vécue prime avant tout.
Comparatif avec les années précédentes : évolutions, surprises et tendances à surveiller
Le voyage de noces n’a plus rien d’un passage obligé. En 2023, 30 % des couples français n’ont pas sauté dans un avion après la cérémonie. Cette stabilité du chiffre s’est installée depuis la crise du COVID-19, qui avait provoqué de nombreux bouleversements dans l’organisation des mariages. Depuis, la normalisation a laissé place à la diversité. Le pourcentage de couples en lune de miel reste majoritaire, mais la tendance à l’uniformité s’est disloquée.
La génération Z, qui occupe une place de plus en plus centrale avec un quart des unions en 2024, imprime ses priorités : séjour court, timing différé, ou format totalement revisité. En parallèle, le taux de mariage en France poursuit sa lente érosion, à 3,6 pour 1 000 habitants, alors que la moyenne européenne se situe un peu plus haut.
Trois tendances dominent selon les derniers bilans :
- La mini-moon continue de séduire environ un quart des amoureux, pour son intensité et son format ramassé.
- Le choix du « fait maison » et du sur-mesure marque les esprits : 67 % des couples s’impliquent sans intermédiaire dans l’organisation, délaissant les forfaits classiques.
- L’âge croissant au mariage (36 ans) donne de la maturité à la démarche : on sait ce que l’on souhaite, on choisit sans se laisser dicter le programme.
Les études récentes de grandes écoles de commerce montrent la domination croissante du voyage ajusté et pensé à l’image du couple. Et demain ? La suite écrira sans doute de nouvelles façons, inattendues, de tourner la page du « Oui ». La lune de miel change de formule mais tient bon : c’est la tradition qui se renouvelle, sur le tempo de chaque histoire.



